Revirement de pouvoir

Plus Bytown grandissait, plus le Rideau Canal Act et l’interdiction aux habitants de la basse ville d’acquérir des propriétés de la Couronne suscitaient des réactions. On ne s‘étonnera pas que les habitants de la basse ville s’opposeront majoritairement à ces mesures et contesteront l’application d’une loi britannique en sol canadien. Pour contrer la colère et la frustration bouillonnantes, le Trésor britannique transférera le canal Rideau et les droits de propriété à l’Ordnance Department en 1843, avec pour entente que le gouvernement du Canada redeviendrait un jour propriétaire du canal et en assumerait tous les coûts d’entretien ultérieurs. Cette décision de principe permettra aux locataires de la basse ville de devenir propriétaires et de construire des bâtiments plus durables, en pierre, ainsi que d’obtenir le droit vote, pour lequel ils s‘étaient tant battus.

Points d'intérêt

Plan de Bytown montrant Barracks Hill, les huit premières écluses et la basse villeEnlarge

[Source: ‘Artiste inconnu,’‘Bytown (now Ottawa), sketch map showing land lots purchased by the government”, Ordnance Department, The National Archives of the UK, MR1-1925 (2).]

Bytown devient une municipalité

En 1847, Bytown comptait 7 000 habitants, ce qui justifiait la constitution d’une municipalité. Cette procédure présentait de nombreux avantages, notamment la possibilité de constituer une autorité municipale officielle et d’adopter des règlements; toutefois, il fallait aussi que le gouvernement britannique cède ses droits sur une partie de ses terres. Puisque le canal était terminé et qu’aucune menace militaire ne se pointait à l’horizon, le gouvernement donna finalement son accord, et Bytown fut officiellement constituée en municipalité le 1er janvier 1850. Le grand terrain au centre de cette carte appartenait à Nicolas Sparks avant d‘être exproprié pour la construction du canal; les terrains que l’on voit au bas ont été acquis par le gouvernement britannique.

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Carnet de photos de l’hôtel de ville du vieux BytownEnlarge

[Source: Carnet de photos du vieux Bytown (hôtel de ville), s.d., album photo, Musée Bytown, P3016.]

Le marché West Ward

Cette image représente le marché West Ward, qui fit office d’hôtel de ville temporaire de Bytown de 1849 à 1877. La salle principale, à l‘étage, accueillait les réunions du conseil, les assemblées publiques et des représentations théâtrales. Pour pouvoir voter aux premières élections tenues à Bytown ou briguer un siège à l’Assemblée législative du Canada-Uni, il fallait être propriétaire permanent et ne pas avoir d’hypothèque. Comme la majorité des habitants de la basse ville n’avaient que le droit de louer et non d’acquérir une propriété de la Couronne, de nombreux citoyens se sentirent intentionnellement exclus du processus électoral et perdirent confiance en ce mode de gouvernance. Aux élections du 8 mars 1841, seuls 85 des 3 122 habitants avaient le droit de voter. Le fait de priver autant de personnes de leur droit de vote en raison du seul critère de propriété – ce qui, par extension, était aussi un critère de richesse – souligne le déséquilibre du système électoral de la jeune municipalité de Bytown.

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Photographie du chantier des édifices du ParlementEnlarge

[Source: Parliament Buildings – construction. Centre Block showing north-west section and the buttresses of the Library. Samuel McLaughlin, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1964-144 NPC, C-010005.]

Barrack Hill devient la colline du Parlement

En 1857, le maire J. B. Lewis et le greffier municipal William P. Lett écrivirent à la reine Victoria pour décrire les qualités d’Ottawa comme capitale permanente du Canada. La reine approuva le choix d’Ottawa sept mois plus tard, et un concours pour la conception des édifices du Parlement fut lancé. Le projet néo-gothique des cabinets d’architectes Fuller & Jones et Stent & Laver fut sélectionné parmi 24 propositions. Au début des travaux en 1859, les postes militaires qui avaient dominé Barrack Hill pendant de si nombreuses années furent remplacés par des édifices gouvernementaux, et le site prit le nom de « colline du Parlement ».

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