Conflits et luttes

La marche vers la paix et l‘égalité à Bytown fut un parcours parsemé d’embûches. L’un des conflits les plus violents se produisit entre 1835 et 1845, à l‘époque où les Irlandais sans travail étaient de plus en plus nombreux à vouloir se positionner dans l’industrie du bois, alors dominée par les Canadiens français. Trop pauvres pour aller s’installer ailleurs et malmenés pour leur refus de s’assimiler, de nombreux colons irlandais ne virent d’autre option que de s’en prendre violemment aux Français dans une longue bataille qui portera le nom de guerre des Shiners. Le magnat du bois Peter Aylen organisa des attaques contre des camps de bûcherons rivaux. Ces premiers affrontements étaient liés au travail, mais les suivants prirent une connotation carrément politique. Dans la foulée des émeutes qui éclatèrent à Montréal après l’adoption du controversé Bill des pertes de la rébellion, le gouverneur général Lord Elgin annonça son intention de venir à Bytown en septembre 1849 pour étudier la possibilité d’y installer le siège du Parlement. Alors même que les partisans de Lord Elgin préparaient un mot de bienvenue pour sa visite, l’indignation des opposants conservateurs déclencha les infâmes émeutes du Stoney Monday. Armés de pierres, de bâtons, de mousquets, d’armes à feu et de canons, les conservateurs (catholiques) et les réformateurs (protestants) s’affrontèrent sur le canal Rideau au pont des Sapeurs. Bien que le risque de violence extrême fût élevé, la force militaire locale parvint néanmoins à tenir les deux camps à bonne distance. Mais la menace fut jugée suffisamment grave pour que Lord Elgin annule sa visite à Bytown et que d’autres options soient étudiées pour installer le siège du Parlement, du moins pour l’instant.

Points d'intérêt

Portraits encadrés de M. et Mme Dan O’ConnorEnlarge

[Source: Portraits encadrés de M. et Mme Dan O’Connor, vers 1820, photo, Musée Bytown, P80.]

Portraits de M. et de Mme Daniel O’Connor

De nombreux citoyens irlandais militèrent activement pour les droits des immigrants et pour donner une voix à ceux qui n’en avaient pas. Voici un portrait de Daniel O’Connor et de sa femme, Margaret Power, qui, après avoir fondé le réseau Friends of Ireland, continuèrent de venir au secours des nombreux immigrants irlandais de Bytown. On dit même qu’O‘Connor aurait aidé un Shiner à échapper à la persécution à Bytown en organisant son transport par bateau en lieu sûr à Hull, de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

X
Photographie d’un coutelas de la marine britannique (épée)Enlarge

[Source: Coutelas de la marine britannique, épée (Propriété du Shiner Mark Gill), vers 1840-1860, cuivre, acier et bois, Musée Bytown, M55.]

Épée du Shiner Mark Gill

Cette épée appartenait à Mark Gill, un voyou qui se réclamait des Shiners. Des armes de ce type auraient été utilisées dans les batailles contre les bûcherons Canadiens français… ou tous ceux qui osaient s’en prendre aux immigrants irlandais.

X
Photographie montrant des hommes vendant du bois dans la basse villeEnlarge

[Source: Wood market, Ottawa, Ont. Fonds John Boyd, John Boyd / Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1971-120 NPC, PA-085978.]

Les émeutes du Stoney Monday

Cette photo datée du 2 janvier 1922 montre l’endroit où les émeutes du Stoney Monday se produisirent le 17 septembre 1849. Les rues de la basse ville resteront dangereuses pendant de nombreux jours après cet événement particulièrement violent.

X
L’avènement d’une capitale» Une ville sans loi«