Une ville sans loi

Quand les groupes d’intérêt et les organismes sociaux officiels ne parvenaient pas à protéger convenablement les travailleurs, certains habitants décidaient de prendre les choses en main. La violence organisée dans la jeune ville de Bytown était monnaie courante, car les travailleurs se regroupaient pour augmenter leur force et leur influence collective. Les affrontements entre factions de nouveaux immigrants étaient si courants que le lieutenant-colonel John By finit par être obligé de retirer du chantier du canal quelques-uns de ses meilleurs hommes parmi les Royal Engineers et de les réaffecter à la patrouille des rues pour remédier à la violence et au désordre, mais leur influence était limitée. Comme les violences continuaient de s’aggraver, les habitants mirent sur pied leur propre force de préservation de la paix publique, qui était composée de 200 agents volontaires et qui relevait du conseil municipal. Ces mesures n’arrivèrent guère à refréner l’escalade de la violence, car beaucoup croyaient que les autorités municipales en avaient contre certaines personnes ou certains groupes. En 1863, une force policière indépendante de l’autorité municipale fut mise en place, mais Bytown était alors déjà bien avancée sur la voie de la stabilisation, grâce en grande partie aux efforts de groupes de pression qui réussirent à améliorer les droits des travailleurs des classes les plus pauvres et à leur obtenir le droit de vote.

Points d'intérêt

Portrait du juge James MacaulayEnlarge

[Source: Benedict, Clarence W., John A. Cooper et George Wilkie. The Bench and Bar of Ontario. Toronto: n.p, 1905. Collection de microfiches CIHM/ICMH no 71178, Canadiana.org. Web. 10 nov. 2011.]

La cour de justice

James Buchanan Macaulay a fait des études de droit après avoir combattu les Américains durant la guerre de 1812 et fut admis au barreau canadien en 1822. Moins de dix ans après avoir fait ses preuves, il fut nommé juge permanent. Certains dignitaires, dont le lieutenant-gouverneur sir Francis Bond Head, diront de lui qu’il est « un homme et un avocat de la plus haute qualité ». Macaulay dirigera la première cour de justice de Bytown, située sur la rue George dans le marché By d’Ottawa.

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Photographie du palais de justice à l’angle des rues Nicholas et DalyEnlarge

[Source: Court House, Nicholas and Daly Streets. William James Topley, Topley Series F, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1936-270 NPC, PA-012412.]

Palais de justice de Bytown

En 1841, le conseil municipal de Bytown résolut de construire un palais de justice à Bytown sur un terrain offert par Nicholas Sparks. Le bâtiment original – un modeste édifice construit par le maître-maçon Thomas MacKay – fut ravagé par un incendie tout comme celui qui lui succédera. Ce n’est qu’en 1870-1871 qu’un nouveau palais de justice, conçu par un ingénieur municipal du nom de Robert Surtees, sera érigé. Ce bâtiment, qui existe encore aujourd’hui, est situé à l’angle des rues Nicholas et Daly.

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Photographie d’une cellule de prisonEnlarge

[Source: Prison. William James Topley, Topley Series E, Topley Studio / Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1936-270 NPC, PA-027438.]

Palais de justice et prison

Il y eut à Bytown des prisons temporaires beaucoup plus sombres et insalubres que celle que l’on voit sur cette photo. En 1842, Thomas McKay construisit la première prison et le premier palais de justice permanents de Bytown, qui seront tous les deux détruits par un incendie quelques années plus tard. En 1862, une nouvelle prison régionale fut construite et restera en fonction pendant plus d’un siècle jusqu‘à sa fermeture en 1972. William James Topley a pris cette photo d’une cellule en février 1895.

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Conflits et luttes» Bytown : une ville tumultueuse«