Secours aux malades

À l’instar de nombreuses maladies, la malaria choisissait ses victimes sans aucune discrimination. Dans la jeune ville de Bytown, les options de traitement étaient limitées, et le système de santé, encore à l‘état embryonnaire, n‘était pas encore accessible à tous les habitants. En effet, les soins médicaux étaient bien souvent prodigués en fonction de la classe sociale. Les militaires soldés durant la construction du canal bénéficiaient d’une assurance maladie de base : une partie de leur solde hebdomadaire était retenue pour couvrir leurs soins en cas de maladie. Pour leur part, les ouvriers engagés et leurs familles pouvaient rarement s’offrir la visite d’un médecin, encore moins recevoir des soins prolongés. Pire encore, l’insalubrité, la surpopulation et les longues journées de travail imposées aux travailleurs augmentaient les risques de maladie ou de réinfection.

Points d'intérêt

Portrait du Dr Alexander James ChristieEnlarge

[Source: Dr. Alexander James Christie, artiste inconnu, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition MIKAN 2933576, C-115785.]

Dr Alexander James Christie

Dr A. J. Christie, le médecin résident du canal, faisait ce qu’il pouvait avec ses ressources limitées, en faisant des aller-retour sur le canal, d’un chantier de construction à l’autre. Ne disposant que d’une poignée de médicaments, le Dr Christie devait souvent se rabattre sur des techniques archaïques comme les saignées et les emplâtres pour soigner ses patients. En mai 1827, les notes du médecin indiquent qu’il a soigné plus de 1 200 hommes le long du canal, et que certains traitements ne duraient qu’une journée et d’autres, pas moins de 25 jours. Le Dr Christie traitait aussi des femmes et des enfants, souvent à ses propres frais.

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Croquis de mère BruyèreEnlarge

[Source: Mère Bruyère Typhus, Archives des Sœurs de la Charité d’Ottawa.]

Prendre soin des pauvres

Sur un chantier, il en coûtait une livre pour voir un médecin. C‘était à la portée des militaires et des gens de la haute société, mais pas des travailleurs ordinaires. Voyant souffrir ses travailleurs démunis sans traitement, le lieutenant-colonel John By écrivit au Board of Ordnance pour proposer un système d’assurance maladie semblable à celui des militaires. Le conseil refusa sa demande, craignant un risque de litiges puisque ce type d’assurance ne faisait pas partie de l’entente originale avec les entrepreneurs. La plupart des patients pauvres durent attendre l’arrivée des Sœurs Grises en 1845 pour se faire soigner : ces religieuses furent les premières à offrir des soins médicaux gratuits aux malades et aux pauvres, comme le montre l’illustration.

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Croquis d’une cabane de bûcherons (vue intérieure)Enlarge

[Source: Lumberman’s shanty – Interior view. Artiste inconnu, Illustrated books, albums and scrapbooks, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition MIKAN 2952988, C-048663.]

Les camps de bûcherons

Le manque de soins, la surpopulation et les longues journées de travail imposées aux travailleurs augmentaient les risques de maladie ou de réinfection. Au printemps 1827, à l’approche de la saison des pluies, le lieutenant-colonel John By écrivit à ses supérieurs à propos des draps en lambeaux dans lesquels dormaient les travailleurs. Il proposait de distribuer de la literie neuve aux travailleurs dans l’espoir de contenir les infections. Sa demande fut acceptée, et il distribua 1 000 ensembles de draps neufs à ses travailleurs. Cette mesure soulagera la souffrance de certains, sans toutefois guérir de nombreux malades. Une fois les travaux terminés, bon nombre de ces camps serviront à loger des bûcherons. Cette image montre l’intérieur d’un camp de bûcheron des années 1870, qui ressemble sans doute aux camps qu’habitaient les ouvriers du canal.

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Le quai du choléra» Soin des malades«