Soin des malades

Les travailleurs, les entrepreneurs et les officiers militaires risquaient tous de contracter la malaria. Mais à vivre dans des logements insalubres et surpeuplés, les travailleurs étaient particulièrement susceptibles de tomber malades et d’en mourir. Les grandes épidémies effrayaient les entrepreneurs soucieux de respecter leurs échéances, mais ce sont les travailleurs qui avaient le plus à perdre s’ils tombaient malades. Comme les médecins étaient rares et très sollicités, les officiers militaires et les entrepreneurs étaient les premiers à recevoir des soins. La quinine, un sulfate extrait de l‘écorce d’un arbre, était alors considérée comme le seul remède efficace contre la malaria. Étant très chère et difficile à obtenir, elle était d’abord administrée aux personnes qui avaient les moyens de s’en procurer.

Points d'intérêt

Photographie d’une seringue et de son boîtierEnlarge

[Source: Seringue et son étui, 1850-1900, verre et métal, Musée Bytown, I199.]

Seringue et boîtier

Les options de traitement des maladies observées sur le canal étaient limitées et le plus souvent inefficaces. Les médecins disposaient de très peu de fournitures médicales et, dans bien des cas, les traitements n‘étaient pas efficaces en raison de la méconnaissance de la cause des maladies. Bien des médecins s’en remettaient aux saignées, à l’utilisation du plomb ou du mercure ou, quand plus rien n’y faisait, à la prière. La seringue et le boîtier illustrés ici comptaient parmi les instruments de base des médecins. Dans la plupart des cas, toutefois, le traitement consistait simplement à laisser la maladie suivre son cours tout en essayant de soulager les symptômes des victimes.

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[Source: Weiss London, instruments chirurgicaux – H. P. Hill, 1834, cuivre, acier, laine et ivoire, Musée Bytown, I198.]

Durée: 08 secondes
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Instruments chirurgicaux

Les Canadiens français semblaient plus souvent atteints de la maladie du charbon (aussi appelée « fièvre charbonneuse ») que les autres travailleurs. Cette maladie, qui s’attrape au contact des animaux, est une infection bactérienne très contagieuse qui crée de petites lésions cutanées, le plus souvent noires. (Les historiens ont comparé ces symptômes à ceux de la syphilis.) À cette époque, la seule façon de traiter cette maladie consistait à brûler les lésions pour former des ampoules, au grand désarroi des malades. On voit ici les instruments chirurgicaux de base dont les médecins disposaient probablement à l‘époque.

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[Source: Bibliothèque et Archives Canada, MG24-I9, volume 37.]

Durée: 34 secondes
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Autres maladies

Comme on peut le lire dans les notes du médecin résident autodidacte Dr A. J. Christie, les maladies vénériennes (le plus souvent la gonorrhée) étaient assez courantes dans ce milieu de pionniers vivant dans une grande promiscuité. C‘étaient en fait les maladies les plus fréquentes après la fièvre et les troubles intestinaux.

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Dessin d’un quinquinaEnlarge

[Source: Rhind, William. The History of the Vegetable Kingdom. Glasgow: Blackie, 1855. Université Carleton, Archives and Research Collections, RAR QK 45 R45 1855.]

Le traitement de la malaria

La quinine (illustrée ici; aussi connue sous le nom de Cinchona condaminea, herbe des Jésuites ou écorce du Pérou) était le seul traitement efficace connu contre la malaria. Dans son journal, en mars 1827, William Bell souffrant de malaria commente la rareté et le coût exorbitant de la quinine :

« Lundi étant ma bonne journée, je n’allais pas trop mal; mais mardi, que j’ai souffert! Les tremblements ont duré tout l’après-midi, les pires que j’aie connus. Le jour suivant, j’ai eu la chance de recevoir de la quinine, si rare en ce moment. Quand on peut en acheter une once à Montréal, on l’envoie par la poste, et elle est commandée et même payée longtemps avant qu’elle arrive ici. Le prix monte parfois jusqu‘à 16 dollars l’once, mais c’est si difficile de s’en procurer que personne ne se plaint du prix. Pour moi, une dose de 6 à 10 grains a été efficace. C‘était assez pour faire tomber la fièvre, et j’ai commencé à aller mieux de jour en jour par la suite. »

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