D’une vocation défensive à une vocation commerciale

Une fois la construction du canal Rideau terminée, en 1832, l’hostilité entre le Canada et les États-Unis s‘était presque entièrement résorbée. Le chantier de la forteresse militaire permanente que By voulait ériger sur Barrack Hill fut abandonné à mi-chemin, et il fallut trouver d’autres utilités au canal puisque sa nécessité militaire s‘évanouissait. Au lieu de servir à transporter du matériel et des effectifs militaires, le canal devint un moyen facile et efficace de transporter des civils, des marchandises commerciales et des ressources naturelles. Des péages furent instaurés pour assurer l’entretien de cette voie navigable florissante pour le transport des marchandises et du bois. La navigation de plaisance commença à se développer, si bien qu’aujourd’hui, plus de 80 000 bateaux empruntent le canal chaque année.

Points d'intérêt

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[Source: John By, “Plan of the Ground & Proposed Military Works on the West Side of the First Eight Locks”, 1831, Bibliothèque et Archives Canada, H1/440/Ottawa/1831 (5 sections), NMC 17423.; Artiste inconnu, “Endorsed: Plan for Fortifying the Hill above the Entrance Valley of the Rideau Canal at Bytown (now Parliament Hill, Ottawa)”, [1831], Bibliothèque et Archives Canada, NMC-0005249.; “Le projet de By pour fortifier Barrack Hill” [Animation]. Dr. Stephen Fai. Carleton Immersive Media Studio. 2012.]

Durée: 31 secondes
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Le projet de By pour fortifier Barrack Hill

Le lieutenant-colonel John By devisait l’ambitieux projet de fortifier Bytown en utilisant les terres appartenant à l‘État. Son plan prévoyait d’ajouter aux casernes existantes des casemates à l‘épreuve des bombes, des entrepôts spacieux et des remparts en cas d’attaque au sol, le tout à un coût prévu de 205 450 £. En fin de compte, l’effort portera plutôt sur la fortification de Kingston, et Bytown ne jouera qu’un rôle mineur sur le plan militaire.

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[Source: Jones Falls, Rideau Canal, Upper Canada. Fonds Philip John Bainbrigge, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1983-47-44, C-011835.]

Durée: 11 secondes
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Le canal Rideau comme voie militaire

Même s’il fut construit pour servir d’ouvrage défensif, le canal ne sera utilisé à des fins militaires qu’en quelques rares occasions. Cette image illustre l’une de ces occasions; on y voit une compagnie des Royal Marines voyageant sur le canal à bord d’un bateau Durham (un bateau de bois à fond plat et à double étrave capable de naviguer dans un sens ou dans l’autre) en route pour Kingston. Beaucoup de ces soldats ont probablement repoussé l’invasion américaine pour défendre le Canada lors de la bataille du Moulin-à-Vent.

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Photographie du vapeur Rideau King traversant les écluses Enlarge

[Source: Rideau King. Photographe inconnu, A.E. Young collection and other views of North America, 1858-1958 (anciennement Series B), Andrew Merrilees / Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1980-149 NPC, PA-142355.]

Bateaux à vapeur circulant sur le canal Rideau

En ayant la prévoyance de prôner la construction d‘écluses suffisamment larges pour accueillir des navires d’assez grande taille, le lieutenant-colonel John By fera en sorte que le canal puisse être emprunté pendant plusieurs dizaines d’années par de nombreux bateaux à vapeur, dont le S. S. Pumper, le Rideau Queen et le Rideau King. Afin de récupérer une partie des coûts exorbitants engendrés par la construction du canal, des péages furent instaurés le 4 juin 1833 pour toutes les marchandises transportées par vapeur et par barge, dont l’alcool, le tabac, le beurre, le lard et même les civils. En 1834, des péages similaires furent instaurés pour le bois d‘œuvre. Cette pratique fut toutefois de courte durée et fut bien loin de générer les centaines de milliers de livres qu’il aurait fallu pour résorber l’excédent des coûts de construction.

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Tableau représentant Barracks Hill et la rivière des Outaouais à BytownEnlarge

[Source: View of Barrack Hill and the Ottawa River at Bytown (Ottawa). Edmund Willoughby Sewell, collection Edmund Willoughby Sewell, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1991-120-3, C-011047.]

Bytown : une ville marquée par l’empreinte militaire

Même si Bytown n’est jamais devenue la forteresse militaire que By avait initialement imaginée, l’armée continuera de jouer un grand rôle dans l‘évolution de la ville longtemps après la construction du canal. L’Ordnance Department conservera la propriété des terrains et les louera aux habitants de la vallée d’accès et de la basse ville, et la garnison militaire qui viendra occuper Barrack Hill demeurera bien en vue pendant de nombreuses années. Solide pilier de l’activité économique et sociale, la force militaire s’approvisionnait en combustible, en denrées alimentaires et en articles de toute sorte auprès des entreprises locales. Les officiers militaires étaient en outre très engagés dans la vie sociale, religieuse et civique de la collectivité.

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Le rappel de By«