L’arpentage

Pour les arpenteurs, ce qui se faisait en un jour en Grande-Bretagne prenait au moins trois ou quatre jours dans la nature sauvage du Canada. Les techniques d’arpentage européennes de l‘époque utilisaient un théodolite : un instrument servant à mesurer les distances et les pentes à partir de points fixes. Ces techniques, cependant, ne se prêtaient guère aux particularités du climat et du territoire canadiens. Pour prendre des mesures exactes dans les zones marécageuses, par exemple, les arpenteurs devaient parfois attendre et revenir sur les lieux après le gel des étendues d’eau et des sols mous. Malheureusement, dans ces conditions, les théodolites étaient portés à geler, ce qui les rendait inutilisables. Dans certains secteurs, le couvert forestier était si opaque que les arpenteurs devaient travailler dans le noir ou à la chandelle.

Points d'intérêt

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[Source: Étui d’arpenteur, 1852-1870, cuivre et bois, Musée Bytown, O57.; Oculaire d’arpenteur, 1852-1870, cuivre et verre, Musée Bytown, O50.; Trépied d’arpenteur, 1852-1870, bois et cuivre, Musée Bytown, O146.]

Durée: 15 secondes
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Instruments et techniques d’arpentage

Pour arpenter, il fallait établir une ligne de base de 30 mètres (100 pieds), ce qui s’avérait impossible dans les boisés à moins de consacrer du temps et de l‘énergie à défricher une section droite. Les arpenteurs se replièrent donc sur une technique mieux adaptée au territoire canadien et qui consistait pour un homme à marcher dans le bois sur une certaine distance en comptant ses pas et à allumer une chandelle. Lorsque l’arpenteur repérait la flamme avec son théodolite, il soufflait dans une corne ou criait à l’homme de s’immobiliser. Il pouvait alors mesurer la distance en ligne droite jusqu‘à la flamme.

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Tableau représentant le lac Rideau supérieurEnlarge

[Source: Archives publiques de l’Ontario, C 1-0-0-0-34. Fonds Thomas Burrowes. Upper Rideau Lake [1830].]

Se repérer en terrain inconnu

Les arpenteurs se perdaient souvent dans les régions sauvages de l’intérieur des terres, qui étaient parsemées à l‘époque de petits lacs impossibles à distinguer et d‘épaisses forêts. Comme le raconte John MacTaggart dans ses mémoires, lui et son équipe ont souvent perdu leur chemin durant leur mission d’arpentage de 1823, allant même jusqu‘à s‘égarer complètement. À l’une de ces occasions :

« On appelait souvent à grands cris, mais personne ne nous entendait. Parfois, c’est un hibou qui nous répondait [...] Au lever du jour [...], on s’est orienté avec le soleil, car la boussole était inutilisable, et j’ai constaté qu’on s’en retournait dans la direction d’où on était venus la veille; on s’est donc arrêtés pour déterminer le chemin qu’on allait prendre. C’est alors qu’on a entendu un coup de feu au loin [...] C‘était un Indien qui tirait sur un canard sauvage. On s’est tous réjoui de le voir [...] on l’a engagé comme guide et il nous a tirés de là. »

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[Source: Sketch from Montreal to Lake Ontario [1794]. Fonds Thomas Burrowes. Archives publiques de l’Ontario, B-39.]

Durée: 16 secondes
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Bilan de la mission d’arpentage

William Chewitt établit cette carte du tracé potentiel du canal Rideau en 1794, d’après les esquisses réalisées par le lieutenant French durant sa mission d’arpentage de 1783. Le tracé final du canal différera quelque peu de cette carte, mais il commencera à prendre forme grâce aux cartes issues des premières explorations du lieutenant French.

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[Source: Fonds Famille Maule / Earl of Dalhousie. “36 plans and abstract of the estimate of expenditure of the Rideau Canal”, 1828. National Archives of Scotland. GD45/3/9.]

Durée: 56 secondes
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Le levé de 1827

John MacTaggart, surveillant des travaux, effectua avec l’aide de John Burrows un levé détaillé du tracé proposé du canal Rideau en 1827. Le tracé final, basé en grande partie sur les recommandations des levés antérieurs, devait être arrêté définitivement par le lieutenant-colonel John By, pour qui les écluses projetées n‘étaient toujours pas assez larges. Pour régler la question, un comité dirigé par Sir James Kempt se rendit sur place au printemps 1828 pour examiner le tracé proposé en compagnie du lieutenant-colonel By. Cette carte montre la route qu’ils ont empruntée.

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Le choix de la vallée d’accès» La nature sauvage du Canada«