La vie après le canal

Après l’ouverture officielle du canal au printemps 1832, des milliers d’ouvriers et de travailleurs se retrouvèrent sans travail. Certains allèrent s’installer dans une ville avoisinante ou s’en retournèrent dans leur pays d’origine, mais beaucoup tentèrent de mettre leur savoir-faire au service du commerce du bois, qui était alors en plein essor. En 1829, la vallée de l’Outaouais produisait annuellement plus de 28 000 mètres cubes (un million de pieds cubes) de bois de charpente. L’industrie du bois était dominée par les travailleurs canadiens-français depuis sa création par le riche industriel hullois Philemon Wright au début des années 1800. Forte d’un nouvel afflux de travailleurs, l’industrie locale du bois d‘œuvre connut toutefois une croissance fulgurante et devint réputée dans le monde entier pour ses techniques innovatrices.

Points d'intérêt

Photographie montrant des hommes en train de couper des arbres abattusEnlarge

[Source: Hewing felled timber, operations of McFadden & Gillies, Jocko River, Ont. W. D Watt, Booth family album, W.D. Watt/Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1979-208 NPC, PA-121799.]

La coupe des arbres abattus

Bytown était la plaque tournante de l’explosion du commerce du bois au XIXe siècle. Après la construction du canal, un afflux de nouveaux ouvriers vint accélérer encore davantage l’expansion de cette industrie. Grâce au sens de l’innovation du Hullois Philemon Wright, magnat du bois, la région de Bytown sera bientôt reconnue pour la qualité de ses produits forestiers, dont le bois équarri et, plus tard, le bois de sciage provenant de pins rouges et de pins blancs. Les deux bûcherons que l’on voit ici s’affairent à couper un énorme billot de la taille de ceux que l’on récoltait à l‘époque et que l’on équarrissait pour le commerce.

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Photographie d’un train de bois devant les édifices du ParlementEnlarge

[Source: Timber raft in front of Parliament Buildings, Ottawa River. A. Henderson, Views of Canada, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1981-156 NPC, PA-149793.]

Train de bois sur la rivière des Outaouais

Bien avant la construction du canal – et encore longtemps après l’achèvement des travaux – la rivière des Outaouais était une voie navigable importante pour le commerce du bois et des fourrures. Comme le montre cette illustration, les draveurs construisaient d‘énormes trains de bois sur lesquels pouvaient s‘ériger 30 ou 40 baraques pour loger les travailleurs. En 1842, Charles Dickens a pu observer de tels trains de bois sur le fleuve Saint-Laurent; des « rues nautiques » (nautical streets), comme il l‘écrira dans American Notes.

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[Source: Ottawa, Canada West, – Upper Town, looking west. Fonds Wightman, fonds publiés de Bibliothèque et Archives Canada, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition MIKAN 2956658, C-010386.; Ville d’Ottawa, Canada West (Upper Town). Edwin Whitefield, fonds Charles Berkeley Powell. Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition R11188-2, C-000601.]

Durée: 14 secondes
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Vue de la haute ville de Bytown

Le canal Rideau n’a peut-être jamais servi aux fins militaires pour lesquelles il a été conçu, mais il a néanmoins donné un nouvel élan à la vie économique du Haut et du Bas-Canada. Le développement de Bytown s’accompagna d’une diversification de l’emploi pour ses habitants. À peine 50 ans plus tard, le visage de la ville sera très différent de ce qu’il était avant la construction du canal.

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Les conditions de vie«