Le voyage

De 1824 à 1834, plus de 170 000 nouveaux immigrants se rendirent au Haut-Canada. Pour ceux, nombreux, qui sortaient pour la première fois de leur pays d’origine, ce long voyage sera une aventure qui leur fera voir et entendre toutes sortes de choses inédites. Dans le récit de son voyage transatlantique en 1826, l’arpenteur John MacTaggart décrit tout ce qui s’offrait à la vue des passagers depuis le pont de leur navire : nuées de papillons, oiseaux exotiques, requins, marsouins, grands groupes de baleines, etc. Pour beaucoup de ces nouveaux immigrants, cet émerveillement se mêlait à la tristesse de quitter leur foyer et leur famille et à l’incertitude de ce qui les attendait. À leur arrivée à Bytown, beaucoup de ces nouveaux citoyens poursuivront leur route vers d’autres établissements du Haut-Canada, alors que d’autres resteront à Bytown pour commencer la construction du canal Rideau.

Points d'intérêt

Croquis illustrant les conditions de vie difficiles à bord d’un navire d’immigrantsEnlarge

[Source: Emigration Vessel – Between Decks. The Illustrated London News, Illustrated books, albums and scrapbooks, Library and Archives Canada, numéro d’acquisition MIKAN 2956054, C-006556 / Departure of the ‘Nimrod’ and ‘Athlone’ Steamers, with Emigrants on Board, for Liverpool. The Illustrated London News, Illustrated books, albums and scrapbooks, Library and Archives Canada, numéro d’acquisition 2956053, C-006556.]

Un voyage difficile

Le Brunswick quitta le port de Cork à destination de l’Amérique du Nord le 13 juin 1823, et bien que le mal de mer fût le malaise le plus fréquent à bord du navire, ses passagers les plus faibles étaient particulièrement vulnérables aux maladies plus dangereuses qui proliféraient facilement en situation de promiscuité. À son arrivée à Québec six semaines plus tard, le Brunswick avait perdu douze passagers, tous âgés de moins de 14 ans, et leurs corps avaient été jetés à la mer pour empêcher la contagion de s‘étendre.

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Croquis d’un navire d’immigrantsEnlarge

[Source: Departure from Dortrecht under Captain James Falbister, May 30, 1821. Peter Rindisbacher. Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1988-250-1, C-001901.]

Le Passenger Vessels Act

En 1803, le gouvernement britannique s’empare du dossier de l‘émigration et adopte le Passenger Vessels Act (loi sur les navires à passagers). Cette loi sera révisée en 1828 afin de limiter la propagation des maladies; elle obligera tous les bateaux à limiter le nombre de leurs passagers, à prévoir des réserves adéquates de nourriture et d’eau, et à toujours emmener un médecin à leur bord. Malgré ces mesures et les multiples modifications qui seront apportées à la loi au fil des ans, la maladie et même la mort s’empareront encore de nombreux passagers en route pour le Canada.

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[Source: A View of the Pierced Island, a remarkable Rock in the Gulf of St. Lawrence. Hervey Smyth, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1997-2-2, C-000784.]

Durée: 10 secondes
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Le voyage : un exercice de patience

La durée des voyages transatlantiques dépendait beaucoup de la direction des vents. À l’approche du golfe du Saint-Laurent, le brouillard venait compliquer les choses. Dans un récit de voyage, un passager raconte un épisode où, pendant deux jours, le brouillard était si épais qu’il était impossible de voir la terre et, par conséquent, de déterminer la route à suivre. Dans pareilles circonstances, les bateaux n’avaient d’autre choix que de jeter l’ancre et d’attendre. À partir du golfe du Saint-Laurent, la plupart des bateaux en route pour le Canada se rendaient jusqu‘à Québec ou Montréal, et les passagers à destination de Bytown poursuivaient leur chemin sur des bateaux plus petits.

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