Les conditions de travail

Les ouvriers du canal étaient confrontés à des conditions de travail difficiles et dangereuses, et chaque saison amenait son lot de difficultés. En été sévissaient des chaleurs extrêmes et des nuées de moustiques voraces, et les piqûres, le stress et même la malaria mettaient les travailleurs à rude épreuve. En hiver, les grands froids et la neige rendaient la vie pénible au point que l’on distribuait gratuitement du whisky aux hommes pour les encourager à travailler. Les entrepreneurs privés qui assuraient la maîtrise d‘œuvre des travaux à chaque poste d‘éclusage n’offraient pas tous les mêmes conditions en matière de charge de travail, de salaire et de logement, si bien que les travailleurs se promenaient souvent d’un chantier à l’autre dans l’espoir de trouver un employeur qui leur offrirait un meilleur salaire pour un travail moins dangereux. Mais l’abondance de la main-d‘œuvre bon marché était telle que la plupart des entrepreneurs s’en tiraient en sous-payant les travailleurs, en leur imposant des conditions de travail épuisantes, en ne leur offrant aucune aide médicale et en leur faisant payer un supplément lorsqu’ils étaient logés et nourris. Même s’il existait à l‘époque des machines à vapeur qui auraient probablement pu accomplir le travail de façon plus sécuritaire, l’abondance d’ouvriers à petit salaire rendait cette option moins intéressante.

Points d'intérêt

Tableau représentant l’écluse de Davis Mill et montrant des hommes en train de réparer les portes et le fonds en bois de l’écluseEnlarge

[Source: Archives publiques de l’Ontario, C 1-0-0-0-51. Fonds Thomas Burrowes. Repairing the Lock at Davis Mill in Winter [1843].]

Conditions de travail hivernales

Durant les mois d‘été, les travailleurs besognaient souvent de quatorze à seize heures par jour, six jours par semaine, dans des conditions chaudes et humides. Le travail manuel s’avérait souvent ennuyant, répétitif et, bien sûr, dangereux. Certains chantiers fermaient pour l’hiver, mais Thomas McKay, qui avait obtenu le contrat de maçonnerie pour les huit premières écluses à Bytown, et son associé John Redpath, poursuivaient les travaux durant les froids mois d’hiver. Le tableau ci-dessus montre une écluse à Davis Mills en train d‘être réparée à la main pendant l’hiver.

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[Source: T.W. J Connolley, History of the Royal Sappers and Miners [microform] : from the formation of the corps in March 1772 to the date when its designation was changed to that of Royal Engineers in October 1856, London : Longman, Brown, Green, Longmans and Roberts, 1857, Bibliothèque de l’Université Carleton, FC18.C15.N.16766.]

Durée: 32 secondes
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Militaires tués sur le chantier du canal Rideau

Certains récits historiques prétendent que la plupart des accidents et des décès survenus sur le chantier du canal étaient dus à l’incompétence et à l’indiscipline des travailleurs irlandais; il n’en demeure pas moins que les travaux de dynamitage ont fait des blessés et des morts même parmi les travailleurs militaires spécialement formés. À un même chantier, six des 21 membres des Royal Sappers and Miners stationnés à cet endroit on perdu la vie des suites d’un accident. Cette tragédie montre à quel point l’usage d’explosifs à l‘époque pouvait donner des résultats imprévisibles.

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Aquarelle montrant le lieutenant-colonel By en train de surveiller la construction du canal RideauEnlarge

[Source: Colonel By Watching the Building of the Rideau Canal, 1826. Charles William Jefferys, collection de la Pétrolière Impériale, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1972-26-795, C-073703.]

Le lieutenant-colonel By, maître d’œuvre du chantier du canal Rideau

Il y avait une division très nette entre les artisans et les ouvriers sur le chantier du canal. Si les premiers ne couraient pas les rues et se faisaient respecter pour leur savoir-faire, les seconds, eux, étaient le plus souvent jugés interchangeables du fait qu’il ne manquait pas de gens pour les remplacer. Le salaire des ouvriers était à la discrétion de l’entrepreneur responsable de leur chantier, mais il était généralement à peine suffisant pour assurer leur subsistance. Les ouvriers gagnaient encore moins lorsqu’ils étaient logés et nourris, et ils étaient souvent liés par des contrats contraignants qui les empêchaient d‘être rémunérés avant la fin d’une période de travail préétablie. Incapables de lire ou d‘écrire, certains travailleurs signaient ces contrats d’une croix sans trop savoir à quelles conditions ils se soumettaient.

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