Les conditions de vie

Pendant que les habitants de la haute ville vivaient confortablement dans des maisons de pierre érigées sur des terrains secs et élevés, les ouvriers de la basse ville s’entassaient dans des baraques en bois construites à la hâte dans des marais asséchés. Les ouvriers du canal se servaient du peu qu’ils gagnaient pour se chauffer, se nourrir et s’amuser de temps en temps (à l‘époque, on ne pouvait tout simplement pas accéder à la propriété foncière). Quand le whisky ne leur était pas offert gratuitement pour les encourager à travailler dans des conditions difficiles, les ouvriers du canal s’en procuraient en grande quantité – à raison d’un gallon (quatre litres) par semaine en moyenne par ouvrier – pour s’aider à supporter les peines et les misères de la vie quotidienne. En revanche, ces libations ne faisaient rien pour empêcher la prolifération des maladies, en particulier au printemps et en été, dans les baraques surpeuplées et insalubres où demeuraient la plupart des travailleurs.

Points d'intérêt

Dessin satirique de la dure réalité des hivers canadiens pour les nouveaux immigrantsEnlarge

[Source: The Emigrants’ Welcome to Canada. J. Cruikshank, collection d’oeuvres canadiennes de W.H. Coverdale, collection du Manoir Richelieu, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1970-188-2056, C-041067.]

L’accueil des émigrants au Canada

La plupart des travailleurs irlandais arrivaient au Canada avec des vêtements terriblement inappropriés pour le climat. L’arpenteur John MacTaggart avait remarqué qu’ils portaient souvent « des culottes qui s’arrêtent aux genoux et des bas ». Cet accoutrement rendait les Irlandais faciles à distinguer des Canadiens français et des Britanniques, qui portaient souvent des chemises de laine, des vestes, des manteaux, des mitaines, des chapeaux et de bonnes bottes. L’illustration ci-dessus, intitulée The Emigrants’ Welcome to Canada (l’accueil des émigrants au Canada) et publiée à Londres, en Angleterre, par O. Hodgson, fait la satire des rigueurs de l’hiver au Canada.

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Tableau représentant une cabane de bûcherons sur la rivière des OutaouaisEnlarge

[Source: Joachim’s Portage, Lumberer’s Shanty on the Ottawa River. Fonds Philip John Bainbrigge, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1983-47-47, C-011838.]

Baraque de bûcherons sur la rivière des Outaouais

Il n’y avait pas qu‘à Bytown que la vie était dure durant la construction du canal, comme en fait foi ce récit d’un voyage sur la rivière Rideau jusqu‘à Kingston en octobre 1827 : « Il n’y a pratiquement aucune baraque ou maison en bois rond par ici qui n’est pas remplie de malades et de nécessiteux qui souffrent non seulement de maladie, mais aussi de faim et du manque de presque toutes les autres nécessités de la vie. »

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Tableau représentant la basse ville de Bytown vue de la rive est du Deep CutEnlarge

[Source: Lower Bytown from the East Bank of the Deep Cut, Rideau [1845]. Fonds Thomas Burrowes. Archives publiques de l’Ontario, C 1-0-0-0-12.]

Corktown et la basse ville de Bytown

Certains des immigrants irlandais les plus pauvres se construisirent en bordure du canal un village de huttes de boue et de baraques qui fut bientôt connu sous le nom de Corktown, d’après la ville irlandaise de Cork, d’où venaient la plupart de ses habitants. Parce qu’ils occupaient illégalement une terre publique, les habitants virent leur village détruit à maintes reprises avant que le lieutenant-colonel John By ne finisse par plier et leur permettre d’y habiter gratuitement. Un pont piétonnier – le pont Corktown – marque aujourd’hui l’emplacement le long du canal où ce village temporaire était situé.

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Photographie montrant des hommes attendant que le souper soit servi dans un abri de cuisine d’un camp de bûcherons dans la vallée de l’OutaouaisEnlarge

[Source: Waiting for dinner in the cook shanty at a logging camp in the Ottawa Valley, Harmer William Morell / Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition 1966-033 NPC, PA-131963.]

Le repas sera bientôt servi

Les baraques des ouvriers étaient des habitations exiguës, surpeuplées et mal adaptées aux besoins de leurs occupants. Le foyer était utilisé pour cuisiner, mais il enfumait souvent les lieux, et la ventilation se faisait par une ouverture dans le toit. Les lits n‘étaient souvent que des planches recouvertes de paille que plusieurs hommes s’arrachaient. Comme le montre cette photo, les baraques continuèrent de servir aux bûcherons après la construction du canal.

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La vie après le canal» Les conditions de travail«